CGV B2B : ce qui doit absolument y figurer

Les CGV B2B doivent obligatoirement mentionner les conditions de vente, le barème des prix et réductions, les conditions de règlement (délais de paiement maximum de 60 jours, pénalités de retard au minimum à 3 fois le taux légal, indemnité forfaitaire de 40 €) et les conditions de livraison. Bien que non obligatoires par défaut, elles doivent être communiquées à tout professionnel qui en fait la demande, sous peine d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne morale. Rédigez-les avant votre première transaction pour éviter que ce soit votre client qui impose ses propres conditions d'achat.
Rédiger des CGV B2B solides n'est pas une formalité administrative : c'est votre première ligne de défense en cas de litige, d'impayé ou de désaccord sur les conditions d'exécution. Beaucoup d'entreprises s'en dispensent jusqu'au premier conflit sérieux. Ce guide détaille ce que vos CGV B2B doivent contenir, les erreurs à éviter et les options pour les faire rédiger au bon coût.
CGV B2B : obligatoires ou non, pourquoi elles s'imposent
Les CGV B2B ne sont pas légalement obligatoires en France, mais leur communication devient obligatoire dès qu'un client professionnel en fait la demande (article L441-1 du Code de commerce). Elles constituent « le socle unique de la négociation commerciale » et protègent le vendeur en cas de litige en fixant un cadre contractuel opposable.
En pratique, une entreprise qui n'a pas de CGV B2B se retrouve exposée à chaque transaction. Sans cadre contractuel préétabli, c'est souvent le client qui impose ses propres conditions d'achat, ce qui peut vous placer en position défavorable. Les CGV fournisseur bien rédigées priment sur les conditions d'achat du client, à condition qu'elles soient portées à sa connaissance avant la conclusion du contrat.
La distinction avec les CGV B2C est fondamentale : en B2C, les conditions générales sont obligatoires et soumises au Code de la consommation. En B2B, vous bénéficiez d'une liberté contractuelle plus grande, mais les règles du Code de commerce s'appliquent strictement, notamment sur les délais de paiement et les pénalités de retard.
Refuser de communiquer vos CGV B2B à un professionnel qui en fait la demande expose votre entreprise à une amende pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale. Cette sanction s'applique même si vos CGV existent mais ne sont pas transmises dans un délai raisonnable.
Les 4 mentions obligatoires dans toute CGV B2B
Toute CGV B2B doit impérativement mentionner : les conditions de vente ou d'exécution de la prestation, le barème des prix unitaires et les réductions applicables, les conditions de règlement incluant délais et pénalités de retard, et les conditions de livraison. Ces quatre catégories sont définies par l'article L441-1 du Code de commerce.

- Conditions de vente : précisez les modalités de transfert de propriété, les garanties éventuelles, la date d'exécution de la prestation et les conditions de retour ou d'échange. Cette section pose les règles du jeu sur ce que vous vendez et dans quelles conditions.
- Éléments de détermination du prix : indiquez votre barème de prix unitaires en HT, les rabais, remises et ristournes applicables ainsi que la durée de validité des prix. La durée de validité est fixée librement par le vendeur, ce qui vous laisse une marge de manœuvre en contexte de fluctuation des coûts.
- Conditions de règlement : le délai de paiement légal maximum entre professionnels est de 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Vous devez préciser les modes de paiement acceptés, le taux des pénalités de retard (au minimum 3 fois le taux d'intérêt légal en vigueur) et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, dont la mention est légalement obligatoire.
- Conditions de livraison : détaillez les modalités d'expédition, les délais indicatifs ou contractuels et le moment du transfert des risques. Cette section évite les litiges sur la responsabilité en cas de perte ou de dommage lors du transport.
L'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due de plein droit dès le premier jour de retard, sans mise en demeure préalable. Si vos frais réels de recouvrement dépassent ce montant, vous pouvez réclamer le surplus sur justificatif. Oublier cette mention dans vos CGV B2B ne vous en prive pas, mais rend la situation moins claire pour votre client.
CGV B2B vs CGV B2C : tableau comparatif des différences clés
Les CGV B2B offrent une liberté contractuelle bien plus grande qu'en B2C. Elles ne sont pas soumises au droit de rétractation ni à la garantie légale de conformité obligatoire. En revanche, les règles sur les délais de paiement et les pénalités de retard s'appliquent strictement dès lors que les deux parties sont des professionnels.
| Critère | CGV B2B (pro → pro) | CGV B2C (pro → consommateur) |
|---|---|---|
| Obligation d'existence | Non obligatoires | Obligatoires |
| Obligation de communication | Sur demande du client professionnel | Avant toute conclusion de contrat |
| Liberté contractuelle | Élevée | Encadrée par le Code de la consommation |
| Droit de rétractation | Non applicable (sauf assimilation) | 14 jours minimum (vente à distance) |
| Garantie légale de conformité | Non obligatoire dans les CGV | Obligatoire dans les CGV |
| Publication en ligne | Non systématiquement exigée | Obligatoire |
| Sanction maximale en cas de manquement | 75 000 € (personne morale) | 2 000 000 € (société) |
Une exception mérite votre attention : une entreprise de moins de 5 salariés peut être assimilée à un consommateur par les tribunaux, notamment pour les contrats sans lien direct avec son activité principale. Dans ce cas, les règles protectrices du droit de la consommation s'appliquent, y compris le droit de rétractation. Si votre clientèle B2B inclut de très petites structures, précisez dans vos CGV B2B les conditions applicables à ce type de client.
Clauses facultatives des CGV B2B : lesquelles intégrer absolument
Au-delà des mentions légales, certaines clauses facultatives sont fortement recommandées en B2B : réserve de propriété, attribution de juridiction, force majeure, confidentialité et révision des prix. Leur absence fragilise votre position en cas de litige ou de défaillance du client, surtout sur des contrats de longue durée.

- ✅ Réserve de propriété : vous restez propriétaire du bien livré jusqu'au paiement intégral du prix, ce qui vous protège en cas de liquidation judiciaire du client.
- ✅ Attribution de juridiction : vous désignez le tribunal compétent en cas de litige, idéalement celui de votre siège social, pour éviter des procédures éloignées.
- ✅ Révision des prix : un mécanisme d'indexation sur un indice (matières premières, INSEE) vous protège sur les contrats longs en contexte inflationniste.
- ✅ Force majeure : définissez les événements imprévisibles (catastrophe naturelle, rupture d'approvisionnement) qui suspendent vos obligations sans engager votre responsabilité.
- ✅ Clause RGPD : obligatoire dès que vous traitez des données personnelles de vos interlocuteurs professionnels, notamment dans le cadre de la gestion commerciale.
- ❌ Clauses créant un déséquilibre significatif : interdites même en B2B par l'article L442-1 du Code de commerce, elles peuvent être annulées par un tribunal et exposer votre entreprise à des dommages et intérêts.
- ❌ Clauses copiées-collées d'un modèle générique : une clause inadaptée à votre activité peut être déclarée inopposable, voire retournée contre vous si elle contient des engagements que vous ne pouvez pas tenir.
Intégrez dans vos CGV B2B une clause de primauté explicite stipulant que vos conditions prévalent sur toute condition d'achat du client, sauf acceptation écrite contraire de votre part. Sans cette clause, vous vous exposez à la « guerre des formulaires » : si les CGV du client et les vôtres sont contradictoires, le contrat devient difficile à exécuter et les litiges se multiplient.
Erreurs fréquentes dans la rédaction des CGV B2B et comment les éviter
Les erreurs les plus courantes dans les CGV B2B sont l'utilisation de modèles génériques inadaptés, l'omission de l'indemnité forfaitaire de 40 €, l'absence de clause de révision des prix et la confusion entre CGV et CGU. Ces lacunes rendent des clauses inopposables ou exposent l'entreprise à des sanctions pouvant atteindre 75 000 € pour une entreprise individuelle et 2 000 000 € pour une société en cas de non-respect des règles sur les pénalités de retard.

- Utiliser un modèle générique non adapté à son activité : les CGV B2B d'une activité de vente de marchandises ne s'appliquent pas à une prestation de services. Les obligations de résultat, les délais d'exécution et les garanties diffèrent fondamentalement entre ces deux types d'activité.
- Oublier l'indemnité forfaitaire de 40 € : cette mention est légalement obligatoire dans toute CGV B2B. Son absence ne vous en prive pas, mais elle génère des incertitudes et peut compliquer le recouvrement.
- Ne pas distinguer clients professionnels et particuliers : si votre activité est mixte, rédigez des CGV distinctes ou des sections clairement identifiées pour chaque type de client, sous peine d'appliquer les mauvaises règles.
- Confondre CGV et CGU : les CGV encadrent vos relations commerciales (prix, livraison, paiement), les CGU réglementent l'utilisation d'un service ou d'un site web. Les mélanger crée des documents illisibles et juridiquement fragiles.
- Ne pas mettre à jour les CGV après une évolution législative : le RGPD, la réforme du droit des contrats ou une modification des taux d'intérêt légaux peuvent rendre vos CGV obsolètes. Prévoyez une révision annuelle systématique.
- Ignorer la guerre des formulaires : sans clause de primauté de vos CGV sur les conditions d'achat du client, un tribunal peut considérer que les clauses contradictoires se neutralisent, laissant un vide contractuel préjudiciable.
Faire rédiger ses CGV B2B : coûts, options et bonnes pratiques
Faire rédiger des CGV B2B par un professionnel du droit coûte en moyenne 1 000 € HT pour un document complet. Ce coût est à mettre en perspective avec les risques financiers d'une rédaction approximative : une seule procédure judiciaire ou une amende pour non-respect des pénalités de retard peut dépasser largement ce montant.

- Avocat spécialisé en droit des affaires : comptez entre 100 et 300 € HT par heure selon le profil et la complexité de votre activité. Cette option est recommandée pour les activités à fort enjeu contractuel, les secteurs réglementés ou les entreprises qui traitent avec des clients internationaux.
- Legaltech et plateformes juridiques en ligne : ces solutions proposent des modèles personnalisables à des tarifs accessibles, adaptés aux TPE et PME. Elles offrent un bon rapport qualité-prix pour des activités standard, à condition de vérifier que le modèle correspond bien à votre secteur.
- Modèle personnalisé à valider par un juriste : acceptable pour démarrer rapidement, à condition de le faire relire par un professionnel avant toute utilisation commerciale. Un modèle non validé peut contenir des clauses inadaptées ou contradictoires avec votre activité réelle.
Deux bonnes pratiques s'imposent quelle que soit l'option choisie. Prévoyez une révision annuelle de vos CGV B2B pour intégrer les évolutions législatives et les changements de votre activité. Faites accepter vos CGV de manière explicite par chaque client, via une signature, une case à cocher ou un accusé de réception écrit : sans preuve d'acceptation, une clause peut être déclarée inopposable, même si elle est parfaitement rédigée.
Conservez une trace de chaque version de vos CGV B2B avec sa date d'entrée en vigueur. En cas de litige sur un contrat ancien, vous devez être en mesure de produire la version des CGV qui était en vigueur au moment de la commande, pas la version actuelle.
Conclusion : passez à l'action sur vos CGV B2B
Vos CGV B2B sont un outil de protection commerciale, pas un document de façade. Vérifiez dès maintenant qu'elles contiennent les quatre mentions obligatoires de l'article L441-1 du Code de commerce, l'indemnité forfaitaire de 40 €, les taux de pénalités de retard et les clauses facultatives adaptées à votre activité. Si elles datent de plus d'un an ou proviennent d'un modèle générique, faites-les réviser par un professionnel du droit : à 1 000 € HT en moyenne, c'est un investissement rentable face aux 75 000 € d'amende encourus pour un simple refus de communication. Transmettez systématiquement vos CGV B2B avant toute commande et conservez la preuve de leur acceptation : c'est cette preuve qui fera la différence en cas de litige.
Questions frequemment posees
Quelles sont les mentions obligatoires dans des CGV B2B ?
Les CGV B2B doivent impérativement contenir quatre catégories de mentions : les conditions de vente ou d'exécution de la prestation, les éléments de détermination du prix (barème unitaire et réductions), les conditions de règlement (délais, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €) et les conditions de livraison. Ces exigences sont fixées par l'article L441-1 du Code de commerce.
Est-ce qu'une entreprise est obligée d'avoir des CGV B2B ?
Non, les CGV B2B ne sont pas légalement obligatoires en France. En revanche, leur communication devient obligatoire dès qu'un client professionnel en fait la demande. Refuser de les transmettre expose l'entreprise à une amende allant jusqu'à 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale.
Quel délai de paiement maximum peut-on fixer dans des CGV B2B ?
Le délai de paiement entre professionnels est plafonné par la loi à 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Toute clause prévoyant un délai supérieur est réputée non écrite et expose l'entreprise à des sanctions pouvant atteindre 2 000 000 € pour une société.
Combien coûte la rédaction de CGV B2B par un professionnel ?
La rédaction de CGV B2B par un avocat ou un professionnel du droit coûte en moyenne 1 000 € HT pour un document standard. Les tarifs horaires varient entre 150 et 300 € HT selon le profil de l'avocat et la complexité du dossier. Pour une TPE, certains prestataires proposent des formules à partir de 600 € HT.
Pourquoi les CGV fournisseur priment-elles sur les conditions d'achat du client ?
En droit français, les CGV du fournisseur constituent « le socle unique de la négociation commerciale » et s'imposent au client dès lors qu'elles lui ont été communiquées avant la conclusion du contrat. Sans CGV propres, c'est le client qui peut imposer ses conditions générales d'achat, plaçant le fournisseur en position contractuelle défavorable.
Quelles sont les pénalités de retard à prévoir dans des CGV B2B ?
Les CGV B2B doivent prévoir des pénalités de retard dont le taux ne peut être inférieur à 3 fois le taux d'intérêt légal en vigueur. S'y ajoute une indemnité forfaitaire minimale de 40 € pour frais de recouvrement, applicable de plein droit dès le premier jour de retard. Ces mentions sont obligatoires et ne peuvent pas être supprimées par accord contractuel.
Olivier Bertranou
Ex-Principal dans un fonds VC parisien (2015–2023), Olivier analyse désormais les deals et la santé financière du marché français de la tech B2B.


